Vendredi 3 octobre 2008
La bande-annonce de Go Fast m'a interpellé, donc j'ai voulu essayer de trouver pourquoi elle fonctionne, et ce qui la rend légèrement différente en terme de rythme et d'images, bien qu'à première vue très conventionnelle.





L'intro de la bande-annonce ne ressemble pas vraiment aux autres : on a déjà une musique de tension. Pas de rythme, juste un battement clair et rapide, presque électrique. On entre directement dans la préparation de quelque chose ("Il se passe quelque chose, je sais pas quoi") au lieu d'avoir la présentation habituelle d'une situation stable ("ils étaient heureux jusqu'au jour où").

On sent quand même la volonté d'aménager une entrée pas trop brusque dans la bande-annonce (fondu dans le même plan). Dans la même idée, le centre de l'action (la rue) est vue à travers une caméra vidéo, dont l'image est elle-même dans un écran : on est encore en dehors.
Jusqu'à ce qu'on entre dans le coeur du propos : image direct de la rue, sans filtre. Musique qui prend un rythme. C'est lancé par la réplique "c'est parti", bien-sûr, et par un bruit de moteur qui démarre dans la seconde qui précède la musique.

Le point de vue s'approche de l'action à la manière d'un zoom ("tu zoom", avec une voix chuchotée qui renforce l'effet de proximité)
C'est la même logique qui nous fait passer d'un plan d'ensemble avec une voiture à un plan rapproché d'une voiture qui roule vers nous.
Silence.

La suite place l'histoire dans un contexte actuel, avec des images réelles d'HLM et une voix-off de présentateur, proches de celles qu'on voit au JT. Tout mène à associer la séquence à une image médiatique : homme qui filme, zooms brusques, amorces, plan sur une caméra, écrans avec curseur, sons d'interférences.

Pour impliquer le personnage dans l'histoire, deux scène se contredisent dans une ellipse : "ce serait con de risquer de faire voir ta tronche avec nous, non ?" / Ellipse / "tu vas infiltrer un réseau de stups". Ca rend la présentation moins artificielle.

La décision du personnage est présentée d'une manière semblable. Un plan s'incruste au milieu du plan sur le papier qui glisse : le chef pose le papier / image supposée de l'Espagne qui illumine un par-brise encore crasseux / le personnage accepte le papier.

Le personnage doit toucher le fond avant d'accéder à sa mission. L'objectif de la scène du GIGN sert sûrement seulement à montrer que c'est dur : c'est dur de faire des pompes, puis il arrive a tirer dans le 10/10, puis c'est dur de se réveiller, et c'est très dur de plonger au fond du gouffre...

Ca appelle une ellipse immense pour le voir prêt. Plus on le quitte en mauvais état, plus on trépigne de le voir fin prêt, super-héro.

On le retrouve effectivement longtemps après (le son du gong d'une horloge), beaucoup de chose ont changé (la passerelle se retourne à 180°).
Fini la gadoue et les plongeons, tout est électronique, y'a plein de nouveau amis intellectuels (3 plans sur des gens de dos).
Une série de flash-forwards (bonds en avant) présentent le travail sur le terrain : plans descriptifs sans mouvement, qui résument des idées.
Le traditionnel "C'est parti" pour lancer l'accélération, suivi d'une série de voitures qui roulent vite.
Alternances de pauses explicatives et de petits coups d'accélération brusques : voiture qui roule, bateau qui fonce sur l'eau, puis voiture qui roule sur l'eau.

C'est suivi d'un assez long moment narratif qui ne raconte pas grand chose, juste pour donner envie que ça accélère.

Puis on est pris de cours par une accélération à l'image (plan de la route en plongée) alors que le son n'a pas encore pris de rythme ("non tout va bien").
Quelque chose se trame dans notre dos (vues dans le rétroviseur, a travers des amorces de voiture) : le danger surprend par derrière (la femme énervée arrive par derrière), et dans la série d'images courtes qui suit, environ un plan sur deux va adopter cette idée du danger derrière toi : des gens qui se retournent, des regards qui changent de direction, des rétroviseurs.
L'autre moitié des images choisissent la carte de l'accélération : des voitures qui roulent, qui arrivent souvent vers nous, des travellings avants, des plans de + en + courts, une musique de + en + aigu, des plans de + en + serrés, jusqu'à la collision.

Cette idée de mélanger les effets de surprise et d'attente, ça nous secoue entre deux émotions contradictoires, pour augmenter l'effet d'intensité.
Selon Hitchcock, dans une scène, soit on montre la bombe caché dès le début, soit on la fait exploser sans prévenir. Là il me semble que c'est comme si on faisait les deux en même temps.

Et malgré les quelques clichés de la bande-annonce, je trouve ça particulièrement efficace. Après, peut-être que des centaines de bande-annonces utilisent aussi cet effet mais le dissimulent mieux, dans ce cas les plus mauvais films seraient les plus faciles à analyser.
par williamlaboury publié dans : Films communauté : Cinéastes et passionnés
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Mardi 17 juin 2008
A force d'écouter parler des critiques de cinéma à la télé et à la radio, j'ai eu envie de monter une espèce de topologie de leurs défauts, pour mieux les saisir et essayer d'avoir plus de recul sur leurs avis. Vu l'étendu du domaine, j'ai préféré m'appuyer uniquement sur l'émission radio Le Masque et la Plume, mais on retrouve les mêmes tendances ailleurs, dans des émissions comme Le Cercle (Canal+).

Le Masque et la Plume c'est une émission de critique culturelle consacrée chaque quinzaine au cinéma, le dimanche à 20h sur France Inter. Sur 50 minutes, une équipe de 4 ou 5 critiques issus de la presse "débattent", selon une conception particulière du débat, autour des films en salle.

On y trouve Jean-Marc Lalanne, journaliste aux Inrockuptibles (photo1), Xavier Leherper de Cinélive (photo2), Alain Riou du Nouvel Observateur (photo3), Pierre Murat de Télérama, Danielle Heymann de Marianne, Eric Nohof de Madame Figaro, et enfin Michel Ciment de Positif.

Jean-Marc Lalanne, Xavier Leherper, Alain Riou
Le tiercé gagnant.

Que France Inter ait une telle émission c'est génial pour entendre divers avis et donc se forger le sien, c'est pour ça que je m'apprête à dire du mal d'une émission que j'aime pourtant bien.
Parmi les films cités, je n'en ai vu que quelques uns mais peu importe : je veux avant tout pointer des défauts de méthode critique, plutôt que de blâmer des opinions.

Quand un critique de films va au cinéma toute la journée, j'imagine qu'il est tenté de commencer son travail avant la projection, histoire de le boucler plus vite. Ca peut se comprendre pour des films comme Astérix aux Jeux Olympiques qui annonce 6 mois plus tôt son gaspillage pour des apparitions de stars; c'est pas non plus une raison pour préparer sa démolition avant de l'avoir vu. Jean-Marc Lalanne (Les Inrocks) est expert dans cet art du préjugé : il demande à mettre Astérix au programme de l'émission histoire de se préparer une bonne partie de débâcle jouissive. Ecoutez l'extrait.



En entendant ça, on a tout de suite envie d'accorder moins de crédit aux commentaires des "spécialistes". Quand on voudrait entendre des avis forts et argumentés, on a plutôt droit à des jugements infondés et des termes vagues, comme l'indétrônable adjectif "intéressant". LE mot à tout dire, celui qu'on met pour finir sa phrase avant que l'autre nous coupe la parole, celui qui semble résumer tout mais surtout n'importe quoi. Ci-dessous un florilège de ses utilisations au Masque et la Plume. On pourra s'amuser a discerner son emploi sincère et justifié (c'est intéressant car ça suscite l'intérêt et la curiosité) de son emploi abusif (c'est intéressant car j'ai rien à dire sur ce film).



Mais même quand on a un argument pour descendre un film, il faut encore que celui-ci soit un minimum valable. A titre d'anti-exemple, le déchirant réquisitoire sans argument de Danielle Heymann (Marianne) à propos de Romain Duris dans Paris :



Et tout de suite après, une spectatrice du public
lui emboîte le pas dans sa folle course au non-argument :




En bref, n'allez pas voir Paris, car Duris reste sur son balcon et Binoche à un mauvais coiffeur.

Et sinon,
au Masque et la Plume, on n'a pas le droit d'être neutre devant un film. Qu'est-ce qui peut pousser des journalistes à vouloir se montrer aussi virulent, même en l'absence d'argument ?
Certainement l'ordre de passage. Il semble qu'on distribue la parole aux journalistes selon leur avis, pour permettre de rester dans une contradiction constante : "J'adore ! -Moi je déteste ! -Mais si c'est génial ! -Non c'est à chier ! "
Même si ce plan garantie cinq rebondissements par minute, il pousse les critiques à se caricaturer, parce que si Gédéon dit "bah c'est pas génial.." quand le journaliste concurrent vient de dire "c'est formidable !", ça fait un peu le mec qui n'a pas d'avis. Donc Gédéon va s'empresser de dire "Non, c'est une merde cosmique!!!" pour la simple et mauvaise raison que, euh...
Juliette Binoche est mal coiffée.
Les illustrations foisonnent, on peut par exemple écouter Xavier Leherper (Cinélive) sur No country for old men (très grand succès critique). Il cherche par tous les moyens à se montrer mitigé, jusqu'à changer d'avis lorsqu'Eric Nohof rejoint son point de vue en s'engouffrant dans la brèche "ce-chef-d'oeuvre-est-pas-terrible".



C'est valable dans l'autre sens aussi, lorsque pour une fois l'assemblée est unanime pour piétiner une merde, Jean-Marc Lalanne (les Inrocks) va se plaire à prétendre que Sans plus attendre est quand même sympatoche. "Regardez, moi je sais apprécier les films simples et médiocres." Je ne suis pas pour le conformisme, mais y'a quand même des limites.



Cette tendance de la contradiction, elle sert à quoi? Sûrement pas à sauver l'honneur d'un film. On peut deviner qu'une émission dans laquelle des critiques concurrents "débattent" peut vite tourner au concours de celui qui se fera le plus remarquer. Et même si dans ce domaine Jean-Marc Lalanne est déjà champion, la coupe du meilleur égocentrique revient sans doute à Alain Riou (Le Nouvel Obs') pour ses frasques ultra contradictoires. Voici trois morceaux choisis. Congratulation Alain, you're the One !!!






Loin d'être le seul amateur de cirque, il est suivi de près par Danielle Heymann ( de Marianne) dans une envolée frénétique dépourvue d'argument, à propos de Sans plus attendre, déjà cité.



Des fois il n'y a pas d'argument mais il y a des références : c'est pratique, ça fait intelligent et ça ne sert à rien, surtout si elles sont hors-sujet comme celles d'Alain Riou :



Mais plus sérieusement, il y a une chose plus grave que les petits jeux de mise en valeur personnelle. C'est la froideur, l'hermétisme des plus arrogants qui rejette certains films avec dédain.
De ce côté là, Jean-Marc Lalanne (les inrocks) a un vrai problème, particulièrement visible sur sa critique de There Will Be Blood, qui a reçu une reconnaissance unanime par les autres critiques de l'émission.
Ecoutons bien Jean-Marc :



Le problème de Jean-Marc Lalanne, c'est qu'il voit des chose qui ne sont pas dans le film. "Le mot CHEF-D'OEUVRE clignote", dit-il. Si on résume ses arguments contre le film : il ne comprend pas les partis pris scénaristiques, il ne supporte pas le cabotinage de Day-Lewis, il ne supporte pas d'avoir le sentiment d'être dans la tête d'un acteur, il ne supporte pas non plus le rapport du film avec son personnage. Tous ces JE dans sa critique, ça fait beaucoup de subjectivité finalement bien peu justifiée. Qu'est-ce qui peut bien le bloquer autant ? C'est quoi, son "problème physique et allergique avec le film" (selon ses mots) ?
Il me semble que son problème, c'est que tout le monde aime There Will Be Blood. Et qu'en étant aux Inrocks on n'a pas le droit d'être d'accord avec tout le monde. Au passage, les Inrockuptibles on titré "There Will Be Blood : faux chef-d'oeuvre" à la sortie du film.
En fait dans sa critique, Jean-Marc Lalanne fait preuve d'un vrai refus de se laisser happer, une sorte d'instinct qui le pousse à vouloir à tout prix sortir du moule, même au prix d'arguments sans valeur. Il cherche à se montrer plus fin en se refroidissant, alors qu'une des qualités du film c'est son pouvoir d'attraction. Sans toutefois l'ériger en principal intérêt du film (contrairement à ce qu'a fait Danielle Heymann).

Parce qu'au Masque et la Plume, il y a ceux qui regarde vraiment un film et en parlent en restant très proche de leurs émotions, quitte à te raconter le film au lieu d'en faire la critique, et il y a ceux qui utilisent souvent le mot "concept" et qui ont déjà un avis sur le film avant de l'avoir vu. Autrement dit ceux d'en-bas et ceux d'en-haut, et chacun change de catégorie selon l'humeur du moment.
L'auto remake Funny Games US par Mickael Haneke illustre bien cet affrontement entre les naïfs et les hautains :
Danielle Heymann, d'habitude critique d'en-bas (proche de ses émotions, pas d'analyse mais vraie sincérité) critique Funny Games US avec un mépris étonnant et accumule les procès d'intention : "j'espère qu'il n'y en aura pas un troisième en chinois", "je ne supporte pas, je ne supporte pas, et je ne supporte pas."
Pierre Murrat (Télérama) lui emboîte le pas dans le même registre : "la démarche d'Haneke est d'une complaisance totalement ignoble".
Mais... il l'a vu le film ?
Arrive ensuite Xavier Leherper (Cinélive) qui va briser l'hermétisme des critiques d'en-haut :



Xavier Leherper expose un commentaire personnel, sincère et naïf. C'est pas une vraie critique, ok, n'empêche qu'il s'est prêté au jeu, il est entré dans le film, et il rapporte ce qu'il en a ressenti.
Et au royaume de la mauvaise foi, je trouve que ça fait plaisir, malgré les insupportables réactions du type "Si tu as joui tant mieux pour toi, ou tant pis ","Tu tombes dans le piège tendu par Haneke".
Moi je pensais que justement, on allait au cinéma pour se laisser tomber dans des pièges...
En somme on lui reproche d'être entré dans le film, d'avoir accepté ce que propose le cinéaste. C'est triste, quand même.



Au final, malgré certaines analyse instructives souvent signées Michel Ciment -le seul qui ne prenne pas son pied à écraser un film- les critiques radios et télé demande de faire le tri entre mauvaise foi, préjugés, égocentrisme et hermétisme.
Alors quoi, est-ce que le monde va si mal ? Non ça va. Il y a juste des émissions de radio moyennement bien qu'on a quand même le droit d'écouter, et puis sinon au pire y'a des films qui sortent au cinéma.

Et si personne n'est là pour nous dire si les films sont bien ou pas,
est-ce que c'est forcément une mauvaise chose ?
par williamlaboury publié dans : Films communauté : Cinéastes et passionnés
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Mercredi 21 mai 2008


Je révise mon partiel d'Enjeux de l'Audiovisuel, je vais à Ikea avec Flore, puis j'entre dans la salle de partiel. Mais en voyant le prof d'Analyse du récit filmique je réalise que j'ai inversé les deux dates d'axamens. Je découvre donc les 5 questions du sujet sans avoir révisé une miette, ce qui me vaudra de considérer la question 4 comme le plus opaque des mystères :
"Etablir les carrés sémiotiques et les circuits de la signification correspondants".

Gloups, comme on dit.

L'analyse demandée porte sur une pub pour le jeu internet "Fight for Kisses", lui-même conçu pour la promotion des rasoirs Wilkinson.



Au 1er visionnage, rires dans toute la salle.
Au 2eme visionnage tout le monde se jette sur sa copie pour brouillonner quelques mots sur la symbolique d'Oeudipe.
Au 3eme visionnage on se demande bien ce qu'on peut raconter d'autre.

Puis peu à peu, guidé par les questions, les choses se clarifient, des références se révèlent et une certaine cohérence en ressort.

Depuis que je réfléchis un peu sur des images j'ai tendance à piocher des éléments visuels par-ci par-là, sans méthode. Mais ces cours d'analyse aident à comprendre à quel point c'est important de structurer sa pensée pour faire ressortir des choses d'une série d'images.

-Dégager la structure de la (ou des) intrigues pour mieux voir le rythme et les moments clés.
-Reconstituer le système des lieux pour cerner leur symbolique.
-Construire le schéma actanciel du récit pour dégager les enjeux, clarifier les relations entre les personnages.
En somme, les questions 1, 2, et 3 du sujet.

Et au final ?
Il y a deux intrigues, une autour du père et une autour du bébé, qui s'entremèlent pour s'intensifier mutuellement.
Les lieux fonctionnent comme des territoires possédés ou à conquiérir, comme pour une guerre, ce qui rappelle un pensée animale.
Le personnage du père et du bébé sont bourrés de points communs, presque symétriques. On fait donc facilement l'amalgame entre besoin d'affection du bébé et désir sexuel de l'homme.

Et au fond c'est la question que pose cette pub. Elle interroge la virilité et la sexualité de l'homme qui cherche à retrouver l'affection de la mère à travers l'amour de sa femme.

Ben voilà, on l'a trouvé cet Oeudipe. A croire qu'il est vraiment caché partout.
par williamlaboury publié dans : Pub communauté : Cinéastes et passionnés
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Lundi 12 mai 2008
J'ai rêvé que j'arrivais dans une salle de cinéma, je me suis assis a coté de Flore près de l'écran, derrière il y avait Flora avec son ordi sur msn, et pas très loin Eloi. Flore me dit "y'a Ted Collins derrière". Je vais voir Ted Collins (avec une coiffure affro) au dernier rang, tout en haut, pour lui dire que j'ai reçu les badges, et il me répond qu'il peut pas parler, tout en me désignant son père à côté. Puis Loïc arrive, je m'exclame "Nooon comment ça fait longtemps !", puis j'enchaîne avec un rêve sur les mille-pattes mais c'est une autre histoire.

Cette salle de cinéma c'est un symbole du
forum de L'Abeille Coule, à tous les coups. On y retrouve certains membres, dans un lieu visiblement métaphorique puisqu'aucun film n'était projeté. Ça me rappelle cet autre rêve, il y a presque deux ans, ou une groupie me reconnaissait dans la rue, et me montrait tous les messages qu'elle avait ajouté à mon topic sur le forum scenartistes.com . Eh bien dans ce rêve, je visualisais les topics du forum comme des bacs à douche dans un vestiaire désafécté.

merci à Odilon Redon pour l'araignée

Ce qui est étonnant là-dedans, c'est que je n'ai jamais rêvé d'une page internet. Et vous ? Est-ce qu'Internet et les rêves sont directement compatibles ? Ou est-ce que notre inconscient trouvera toujours des moyens de symboliser la vie informatique (bacs à douche, salle de cinéma..) ?
De bonnes questions à se poser à l'heure ou je passe la moitié de ma vie éveillée sur Internet...
par williamlaboury publié dans : Imaginaire
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Dimanche 11 mai 2008
Jesus Camp, documentaire sorti il y a quelques mois.
Encore une affiche à fond blanc, mais avec un tel pouvoir d'attraction que j'ai prié Gaultier de me le prêter.

Le camp de Jésus, une sorte de colonie ou des enfants de 10 ans passent leur temps a hurler leur amour pour Dieu et à pleurer leurs péchés. Et un grand frisson d'effroi en voyant ce film dans lequel une gamine prie Dieu pour l'aider a lancer sa boule de bowling. Une autre veut devenir manucure pour évangéliser des dames. Et des gosses sont entrainés a acclamer une silhouette de G.Bush en carton.

On apprend des tas de choses dans ce film, nottament qu'au sein d'une communauté d'extrême droite, tout existe en version Chrétienne, même le Heavy metal chrétien.


On assiste aussi à une absurde Maccarena version Dieu : sur une musique Dance, une salle bondée chante en choeur "Lève la jambe pour Jésus Christ, Lève le bras pour Jésus Christ, Jésus Christ is in the house !"


On suit d'abord un présentateur de radio chrétien mais défendant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. On sent ses propos raisonnés, sains (et non pas saints), sa foi sincère mais lucide.

Puis on suit une fondamentaliste qui anime le camp de Jésus. Elle, c'est le genre à blâmer les enfants qui lisent Harry Potter parce que, dit-elle, "dans l'Ancien Testament Harry Potter aurait été mis à mort". On suit cette dame préparant ses réunions et prier Dieu pour que son diaporama Power Point fonctionne. "Non Satan, tu n'empêchera pas le vidéoprojecteur de fonctionner".

Et enfin, moment très réussi dans le film, la rencontre de ces deux personnes lorsque la dame intervient dans l'émission de radio en tant qu'auditrice. Le film cherche alors à questionner ce fossé entre des chrétiens raisonnés et une communauté radicale, et les causes de cet écart.

Mais le sujet principal du film, c'est les enfants. Ces petits êtres sans défense qu'on voit soumis aux prières, pleurer sous le poids de la misère du monde, faire des sermons anti-avortement, répandre la bonne parole dans la rue, toujours sous le regard exigeant de leurs parents. Et ça devient une course à celui qui priera le plus fort, qui versera le plus de larmes, parce que les enfants veulent voir des aldultes satisfaits, et que les adultes veulent voir des enfants en transe pour Jésus Christ.

Bref, cette communauté effrayante ET influente, dont je ne soupçonnait même pas l'existence, est très bien résumée dans une belle métaphore finale que je vous laisse le soin de découvrir. Parce que ce qui fait la grande force du film ce sont ses images qui parlent d'elles mêmes de cet "authentique génocide morale", une formule de Bijan Anquetil qui donne un nouvel éclairage sur le titre du film.

par williamlaboury publié dans : Films communauté : Cinéastes et passionnés
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Samedi 10 mai 2008
23h50, il est tard pour mes ptits yeux, et j'ai encore la vaisselle de la journée à faire. Donc je fais pas un gros article long à préparer, juste un coup de gueule /
/ coup de coeur du soir.

Coup de coeur pour Flore m'a montré le film Control réalisé par le photographe Anton Corbijn, qui raconte la vie de Ian Curtis, leader du groupe Joy Division.
Jamais entendu parler ? C'est pourtant le nom que portaient les bordels nazis.



En voyant le film et sa lumière, j'ai été frappé par un sentiment de joie intense. J'étais heureux de découvrir ce qu'il est possible de faire avec la lumière. La façon dont Anton Corbijn la modèle, sa manière de façonner le visage des personnages m'a fasciné. Il me semble que la lumière, bien utilisée, a ce pouvoir de te faire entrer dans le film en rendant les images proches, fourmillantes de détails, généreuse d'ombres et de textures. Je pense qu'une telle image peut rendre le spéctateur attentif à tout le reste du film, et donc à l'essentiel (l'histoire), à condition de ne pas trop rester fixé sur cette lumière. Ca a été mon problème en voyant Control : difficile de se détacher de la lumière du film alors que je m'occupe de celle du film de Jean-Thomas "Equilibre", et qu'étant presque néophyte j'ai besoin d'en voir, d'en avoir, d'en savoir.


Retour à Control, c'est à son visionnage que j'ai ressenti le besoin de m'insurger. M'insurger contre les odieuses utilisations qui sont faites du Noir et Blanc, par exemple dans des films amateurs de gens pas très sûrs d'eux qui cherchent à se crédibiliser en mettant un filtre N&B au montage. C'est retro ! C'est artistique ! C'est... Cinématographique !


C'est surtout prendre le taureau par le mauvais bout : un film qu'on trouvera "artistique" résulte de recherches visuelles qui ont pour aspect l'usage du N&B : ce n'est pas la cause de sa dimension artistique, et celui qui rajoute ce filtre N&B n'aura un résultat que superficiellement artistique, auquel il manquera l'essentiel des qualités visuelles.


Je ne connais pas tous les usages du N&B, mais on l'utilise par exemple pour pouvoir ce concentrer sur les lumières avant de se coltiner les problèmes de couleurs. Exemple tout con : tourner en N&B permet de mélanger la lumière du jour (couleur froide) et un spot (couleur chaude), alors qu'en couleur on obtient des lumières bleues et oranges sur l'image, et c'est moche. C'est pour ça que dans beaucoup de cas, contrairement à ce qu'on entend, je trouve que la couleur est une étape supérieure au N&B, une étape plus complexe. La confusion vient du fait que le mode automatique est en couleur, et que le simple choix du N&B suppose une démarche artistique, même aussi minimale que celle de "faire beau". Du coup, dans l'amas de vidéos de vacances amateures, celles en N&B sont le dessus du panier simplement parce que le filmeur s'est posé une question, et que la couleur n'est jamais perçue comme un choix délibéré (et si on voyait en noir et blanc ce serait l'inverse).
Ca c'était ma gueulante contre le Noir et Blanc artistique de pacotille.
Sauf que dans Control, ça change.



Les images de Control sont incroyables, mais quel est la place du Noir & Blanc
dans ce succès ?

Que serait le film, en couleurs ?
Et surtout, quelle en serait notre perception ?
Car très certainement, le Noir & Blanc m'a poussé a observer la lumière, il a mis en évidence la beauté des nuances lumineuses. Mais dans Control ça ne fait pas tout, et je lance cette idée dans l'espace comme une ampoule sans son fil : il y a une beauté qu'on ne sait pas nommer dans ce film, quelque part dans l'alliance du N&B, du travail des lumières et de l'esprit du créateur.
Et encore mieux qu'artistique ou cinématographique,
moi jtrouve ça carrément mystique.



par williamlaboury publié dans : Films communauté : Cinéastes et passionnés
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Samedi 3 mai 2008
Allemagne, 1973.
Un jeune homme de 10 ans se fait fotographie pour 300 Deutsh Mark (150€).
C'est beaucoup pour une photo,
sauf pour celle-ci qui aura marqué la mémoire de millions d'enfants.

Aujourd'hui, le jeune homme a 43 ans,
il s'appelle Günter Euringer, il est caméraman.
Pendant des dizaines d'années sa gueule était plaquée sur les paquets de... Kinder.











Oui, oui c'est lui !


Il est sorti de l'ombre en 2005, publiant son autobiographie "L'enfant du Chocolat"
(qui a 17€ à dépenser ?)



Alors bien-sûr, depuis 32 ans l'emballage à eu le temps de changer,
à grands coups de Photoshop archaïque.

















Mais c'est toujours le même gars, derrière le fond de teint numérique
et les dents façon émail diamant. Sauf qu'en 2005...

Skandale!

C'est qui lui ?! Chez Kinder on a envie de changement.
Enfant différent, même regard, mêmes dents, même nez,
sauf qu'il est plus jouflu et qu'il met du gel.
La fin d'un mythe.




Voilà, c'était l'histoire d'un gars qui se dit que sa vie a changé
depuis l'année de ses 10 ans.
Il est célèbre.. Les gens pensent a lui souvent..
De temps en temps, une agence de photo le recontacte !
On lui demande alors de faire le même sourire, le même air d'enfant candide et joueur, à 43 ans, pour que les gens se marrent de l'anecdote, puis oublient.
C'est pas une star, c'est pas un génie, c'est pas un mythe : c'est juste le gosse allemand sur l'emballage des Kinders en 1973, ni plus ni moins qu'une anecdote.
Evidemment il a une vie aujoud'hui, et il n'y pense que de temps en temps; n'empêche que cette utra-demi-célébrité, d'être à la fois de partout mais d'être quelqu'un donc tout le monde se fiche, ça doit pas être super agréable à vivre.



par williamlaboury publié dans : A part
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Vendredi 2 mai 2008
Quand Patrice Leconte dit qu'il n'aime pas l'affiche de son film Mon meilleur ami parce qu"elle ne dit rien", il a un peu raison. En comparaison, celle de son précédent film Tandem est beaucoup plus parlante. La faute à qui ? Au fond blanc, évidemment !
C'est de sa faute si, depuis quelques années, on n'est plus capable de différencier une comédie française d'une autre comédie française. A moins que ce ne soit le contraire.



Peut-être que le fond blanc des affiches est un symptôme, et que les films s'uniformisent tellement qu'ils choisissent tous la même affiche à fond blanc.
C'est quand même incroyable, dans la catégorie "Comédie" d' Allociné, le nombre de ces affiches françaises ou américaines, sans personnalité, sans saveur, d'un blanc impeccablement neutre.
Un film impeccablement neutre est-il capable de faire rire ?

En fait le problème c'est que ces affiches essayent de gommer tout ce qui dépasse, de garder le simple, le propre, alors que ce qui fait la personnalité et parfois l'humour d'un film, c'est ce qu'il y a autour du stéréotype sur fond blanc.

Allé, pif paf pouf, florilège :





















C'est comme ces jeux de mots pourris qu'on retrouve recyclés chaque semaine sur les programmes télé ou les couvertures de magazines féminins. Incapables d'en inventer de nouveaux, ils se disent que c'est mieux que rien. Alors qu'en fait, c'est moins bien que RIEN !


Le fond blanc ça me rappelle les pubs Intermarché qu'on trouve tous les Mardi dans la boîte aux lettres...
Les affiches commencent à ressembler à des pubs pour les stars, les comédies deviennent aussi creuses que les boîtes de conserve.




Et puis cette mode du détourage on la retrouve, en plus bâclée, dans les pages des journaux à scandale du type Public et Closer. Scandale ! Julien ne veut pas qu'on lui raidisse les cheveux !!! Avec des ressemblances pareilles ils feraient mieux de changer de mode, les graphistes. Et le plus triste c'est que même des bons films se plient à cette mode (de Hard Candy à Juno).






Une raison à ce phénomène ? Voyons voir...
"Ca permet de mettre en valeur les personnages !"
"Ca fait classe, pro, sobre, comme chez Mac !"
"Ca économise de l'encre !"
Rien de tout ça n'est valable. A ma connaissance, on met plutôt en valeur un personnage dans un décor qui le caractérise. J'ai l'impression que c'est plutôt un prétexte pour qu'on ne voit que la gueule des acteurs sur lesquels les producteurs ont misés.
On comprend alors mieux que les producteurs préfèrent l'affiche de Mon meilleur ami à celle de Tandem...


Bon, et puis je suis bon joueur donc voici quelques affiches qui utilisent BIEN le fond blanc à mon avis.
Dans Délivrez-nous du mal, le blanc est à l'avant plan, une surface de marbre immaculée derrière laquelle se cache les attouchements d'un prêtre.
Dans Ploy, le blanc contribue vraiment au style personnel de l'affiche.
Dans Le Direktor il tire le style vers le minimalisme comique.






















Et dans Jackpot... Je sais pas. En fait, l'affiche me repousse parce que je pense aux deux acteurs en train de faire semblant de se marrer devant le photographe, "ahah regardez, on est délirants !". Mais d'un autre côté l'affiche à un vrai goût, le blanc lui donne une saveur Vanille qui complète bien le Caramel des personnages bronzés et charnus. C'est harmonieux et ça fonctionne (mais j'ai pas envie d'aller le voir).


Voilà, maintenant j'ai deux cadeaux :
-Un site pour payer des gens pour qu'ils vous fasse des fonds blancs : www.fond-blanc.com
-Et un cadeau bonus ici, si vous n'en avez pas assez bouffé avec mon article.






PS : voilà l'affiche "faite en 5 minutes" de La Doublure dont parle Alexxx en commentaire (le plus ringard c'est les fondus au blanc sur les visages ^^) et la variante de Juno, carrément plus singulière, évoquée par Adélaïde. On voit bien que le problème n'est pas de mettre un fond abstrait puisqu'ici les rayures oranges fonctionnent super bien, en faisant écho aux chaussettes et au tee-shirt !


par williamlaboury publié dans : Pub
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Jeudi 24 avril 2008
Si je vous dis que dans le logo des supermarchés Carrefour c'est la lettre C qui apparaît (pas) en blanc sur fond blanc je vous apprend peut- être quelque chose, mais c'est pas tellement une révélation si vous fréquentez le blog de l'ami Eloi.

Mais moi tous les matins c'est à la marque Carrefour Kids que je m'intéresse, devant mon paquet de faux Smacks (appelés Pétales de Blé au Miel).


Et au vu de la mascotte qu'ils ont dénichés, autant dire qu'ils ont de l'imagination chez Carrefour Kids.


Chais pas ils ont peut-être voulu changer des animaux sympas de chez Nestlé et Kellog's, alors il ont esquissé une sorte de génie qu'ils ont baptisé... Génius.




-Bon les gars, le lapin c'est pris, le singe, la grenouille, le chien et l'abeille aussi.. Une idée ?
-... Ben tu as qu'à retourner le logo Carrefour et dire que ça fait un bonhomme. J'ai un pote de Super U qui a fait ça.
-Ah énorme et le triangle rouge ça fait un chapeau de juif ! Trop un message subliminal !!!


C'est bien d'essayer de changer, à condition de faire quelque chose de nouveau, parce que pour moi cette mascotte c'est le logo Super U en ramolli à la limite de la goutte d'huile, avec en prime la kippa du Grenoblois Jean-François Derec.

 












Voilà en gros. Tout un symbole de l'enfance de demain dans cette mascotte grasse aux joues énormes, dépourvue de tampes, et dont le cerveau est tellement mou qu'il fond sur ses yeux. Voilà ce que c'est que de manger des Smacks Pétales de Blé au miel.
Rendez-nous Pico !!!

par williamlaboury publié dans : Pub
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Salut

  • williamlaboury
  • : Ca c'est un blog pour parler des images qu'on fait, et aussi celles qui rentrent dans nos yeux, au cinéma, sur les abris-bus ou au dos des paquets de céréales.

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