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Samedi 10 mai 2008
23h50, il est tard pour mes ptits yeux, et j'ai encore la vaisselle de la journée à faire. Donc je fais pas un gros article long à préparer, juste un coup de gueule /
/ coup de coeur du soir.

Coup de coeur pour Flore m'a montré le film Control réalisé par le photographe Anton Corbijn, qui raconte la vie de Ian Curtis, leader du groupe Joy Division.
Jamais entendu parler ? C'est pourtant le nom que portaient les bordels nazis.



En voyant le film et sa lumière, j'ai été frappé par un sentiment de joie intense. J'étais heureux de découvrir ce qu'il est possible de faire avec la lumière. La façon dont Anton Corbijn la modèle, sa manière de façonner le visage des personnages m'a fasciné. Il me semble que la lumière, bien utilisée, a ce pouvoir de te faire entrer dans le film en rendant les images proches, fourmillantes de détails, généreuse d'ombres et de textures. Je pense qu'une telle image peut rendre le spéctateur attentif à tout le reste du film, et donc à l'essentiel (l'histoire), à condition de ne pas trop rester fixé sur cette lumière. Ca a été mon problème en voyant Control : difficile de se détacher de la lumière du film alors que je m'occupe de celle du film de Jean-Thomas "Equilibre", et qu'étant presque néophyte j'ai besoin d'en voir, d'en avoir, d'en savoir.


Retour à Control, c'est à son visionnage que j'ai ressenti le besoin de m'insurger. M'insurger contre les odieuses utilisations qui sont faites du Noir et Blanc, par exemple dans des films amateurs de gens pas très sûrs d'eux qui cherchent à se crédibiliser en mettant un filtre N&B au montage. C'est retro ! C'est artistique ! C'est... Cinématographique !


C'est surtout prendre le taureau par le mauvais bout : un film qu'on trouvera "artistique" résulte de recherches visuelles qui ont pour aspect l'usage du N&B : ce n'est pas la cause de sa dimension artistique, et celui qui rajoute ce filtre N&B n'aura un résultat que superficiellement artistique, auquel il manquera l'essentiel des qualités visuelles.


Je ne connais pas tous les usages du N&B, mais on l'utilise par exemple pour pouvoir ce concentrer sur les lumières avant de se coltiner les problèmes de couleurs. Exemple tout con : tourner en N&B permet de mélanger la lumière du jour (couleur froide) et un spot (couleur chaude), alors qu'en couleur on obtient des lumières bleues et oranges sur l'image, et c'est moche. C'est pour ça que dans beaucoup de cas, contrairement à ce qu'on entend, je trouve que la couleur est une étape supérieure au N&B, une étape plus complexe. La confusion vient du fait que le mode automatique est en couleur, et que le simple choix du N&B suppose une démarche artistique, même aussi minimale que celle de "faire beau". Du coup, dans l'amas de vidéos de vacances amateures, celles en N&B sont le dessus du panier simplement parce que le filmeur s'est posé une question, et que la couleur n'est jamais perçue comme un choix délibéré (et si on voyait en noir et blanc ce serait l'inverse).
Ca c'était ma gueulante contre le Noir et Blanc artistique de pacotille.
Sauf que dans Control, ça change.



Les images de Control sont incroyables, mais quel est la place du Noir & Blanc
dans ce succès ?

Que serait le film, en couleurs ?
Et surtout, quelle en serait notre perception ?
Car très certainement, le Noir & Blanc m'a poussé a observer la lumière, il a mis en évidence la beauté des nuances lumineuses. Mais dans Control ça ne fait pas tout, et je lance cette idée dans l'espace comme une ampoule sans son fil : il y a une beauté qu'on ne sait pas nommer dans ce film, quelque part dans l'alliance du N&B, du travail des lumières et de l'esprit du créateur.
Et encore mieux qu'artistique ou cinématographique,
moi jtrouve ça carrément mystique.



Par williamlaboury - Publié dans : Films - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Samedi 3 mai 2008
Allemagne, 1973.
Un jeune homme de 10 ans se fait fotographie pour 300 Deutsh Mark (150€).
C'est beaucoup pour une photo,
sauf pour celle-ci qui aura marqué la mémoire de millions d'enfants.

Aujourd'hui, le jeune homme a 43 ans,
il s'appelle Günter Euringer, il est caméraman.
Pendant des dizaines d'années sa gueule était plaquée sur les paquets de... Kinder.











Oui, oui c'est lui !


Il est sorti de l'ombre en 2005, publiant son autobiographie "L'enfant du Chocolat"
(qui a 17€ à dépenser ?)



Alors bien-sûr, depuis 32 ans l'emballage à eu le temps de changer,
à grands coups de Photoshop archaïque.

















Mais c'est toujours le même gars, derrière le fond de teint numérique
et les dents façon émail diamant. Sauf qu'en 2005...

Skandale!

C'est qui lui ?! Chez Kinder on a envie de changement.
Enfant différent, même regard, mêmes dents, même nez,
sauf qu'il est plus jouflu et qu'il met du gel.
La fin d'un mythe.




Voilà, c'était l'histoire d'un gars qui se dit que sa vie a changé
depuis l'année de ses 10 ans.
Il est célèbre.. Les gens pensent a lui souvent..
De temps en temps, une agence de photo le recontacte !
On lui demande alors de faire le même sourire, le même air d'enfant candide et joueur, à 43 ans, pour que les gens se marrent de l'anecdote, puis oublient.
C'est pas une star, c'est pas un génie, c'est pas un mythe : c'est juste le gosse allemand sur l'emballage des Kinders en 1973, ni plus ni moins qu'une anecdote.
Evidemment il a une vie aujoud'hui, et il n'y pense que de temps en temps; n'empêche que cette utra-demi-célébrité, d'être à la fois de partout mais d'être quelqu'un donc tout le monde se fiche, ça doit pas être super agréable à vivre.



Par williamlaboury - Publié dans : A part
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Vendredi 2 mai 2008
Quand Patrice Leconte dit qu'il n'aime pas l'affiche de son film Mon meilleur ami parce qu"elle ne dit rien", il a un peu raison. En comparaison, celle de son précédent film Tandem est beaucoup plus parlante. La faute à qui ? Au fond blanc, évidemment !
C'est de sa faute si, depuis quelques années, on n'est plus capable de différencier une comédie française d'une autre comédie française. A moins que ce ne soit le contraire.



Peut-être que le fond blanc des affiches est un symptôme, et que les films s'uniformisent tellement qu'ils choisissent tous la même affiche à fond blanc.
C'est quand même incroyable, dans la catégorie "Comédie" d' Allociné, le nombre de ces affiches françaises ou américaines, sans personnalité, sans saveur, d'un blanc impeccablement neutre.
Un film impeccablement neutre est-il capable de faire rire ?

En fait le problème c'est que ces affiches essayent de gommer tout ce qui dépasse, de garder le simple, le propre, alors que ce qui fait la personnalité et parfois l'humour d'un film, c'est ce qu'il y a autour du stéréotype sur fond blanc.

Allé, pif paf pouf, florilège :





















C'est comme ces jeux de mots pourris qu'on retrouve recyclés chaque semaine sur les programmes télé ou les couvertures de magazines féminins. Incapables d'en inventer de nouveaux, ils se disent que c'est mieux que rien. Alors qu'en fait, c'est moins bien que RIEN !


Le fond blanc ça me rappelle les pubs Intermarché qu'on trouve tous les Mardi dans la boîte aux lettres...
Les affiches commencent à ressembler à des pubs pour les stars, les comédies deviennent aussi creuses que les boîtes de conserve.




Et puis cette mode du détourage on la retrouve, en plus bâclée, dans les pages des journaux à scandale du type Public et Closer. Scandale ! Julien ne veut pas qu'on lui raidisse les cheveux !!! Avec des ressemblances pareilles ils feraient mieux de changer de mode, les graphistes. Et le plus triste c'est que même des bons films se plient à cette mode (de Hard Candy à Juno).






Une raison à ce phénomène ? Voyons voir...
"Ca permet de mettre en valeur les personnages !"
"Ca fait classe, pro, sobre, comme chez Mac !"
"Ca économise de l'encre !"
Rien de tout ça n'est valable. A ma connaissance, on met plutôt en valeur un personnage dans un décor qui le caractérise. J'ai l'impression que c'est plutôt un prétexte pour qu'on ne voit que la gueule des acteurs sur lesquels les producteurs ont misés.
On comprend alors mieux que les producteurs préfèrent l'affiche de Mon meilleur ami à celle de Tandem...


Bon, et puis je suis bon joueur donc voici quelques affiches qui utilisent BIEN le fond blanc à mon avis.
Dans Délivrez-nous du mal, le blanc est à l'avant plan, une surface de marbre immaculée derrière laquelle se cache les attouchements d'un prêtre.
Dans Ploy, le blanc contribue vraiment au style personnel de l'affiche.
Dans Le Direktor il tire le style vers le minimalisme comique.






















Et dans Jackpot... Je sais pas. En fait, l'affiche me repousse parce que je pense aux deux acteurs en train de faire semblant de se marrer devant le photographe, "ahah regardez, on est délirants !". Mais d'un autre côté l'affiche à un vrai goût, le blanc lui donne une saveur Vanille qui complète bien le Caramel des personnages bronzés et charnus. C'est harmonieux et ça fonctionne (mais j'ai pas envie d'aller le voir).


Voilà, maintenant j'ai deux cadeaux :
-Un site pour payer des gens pour qu'ils vous fasse des fonds blancs : www.fond-blanc.com
-Et un cadeau bonus ici, si vous n'en avez pas assez bouffé avec mon article.






PS : voilà l'affiche "faite en 5 minutes" de La Doublure dont parle Alexxx en commentaire (le plus ringard c'est les fondus au blanc sur les visages ^^) et la variante de Juno, carrément plus singulière, évoquée par Adélaïde. On voit bien que le problème n'est pas de mettre un fond abstrait puisqu'ici les rayures oranges fonctionnent super bien, en faisant écho aux chaussettes et au tee-shirt !


Par williamlaboury - Publié dans : Pub
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Jeudi 24 avril 2008
Si je vous dis que dans le logo des supermarchés Carrefour c'est la lettre C qui apparaît (pas) en blanc sur fond blanc je vous apprend peut- être quelque chose, mais c'est pas tellement une révélation si vous fréquentez le blog de l'ami Eloi.

Mais moi tous les matins c'est à la marque Carrefour Kids que je m'intéresse, devant mon paquet de faux Smacks (appelés Pétales de Blé au Miel).


Et au vu de la mascotte qu'ils ont dénichés, autant dire qu'ils ont de l'imagination chez Carrefour Kids.


Chais pas ils ont peut-être voulu changer des animaux sympas de chez Nestlé et Kellog's, alors il ont esquissé une sorte de génie qu'ils ont baptisé... Génius.




-Bon les gars, le lapin c'est pris, le singe, la grenouille, le chien et l'abeille aussi.. Une idée ?
-... Ben tu as qu'à retourner le logo Carrefour et dire que ça fait un bonhomme. J'ai un pote de Super U qui a fait ça.
-Ah énorme et le triangle rouge ça fait un chapeau de juif ! Trop un message subliminal !!!


C'est bien d'essayer de changer, à condition de faire quelque chose de nouveau, parce que pour moi cette mascotte c'est le logo Super U en ramolli à la limite de la goutte d'huile, avec en prime la kippa du Grenoblois Jean-François Derec.

 












Voilà en gros. Tout un symbole de l'enfance de demain dans cette mascotte grasse aux joues énormes, dépourvue de tampes, et dont le cerveau est tellement mou qu'il fond sur ses yeux. Voilà ce que c'est que de manger des Smacks Pétales de Blé au miel.
Rendez-nous Pico !!!

Par williamlaboury - Publié dans : Pub
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Salut

  • williamlaboury
  • : Un blog pour parler des images qu'on fait, et aussi celles qui rentrent dans nos yeux, au cinéma, sur les abris-bus ou au dos des paquets de céréales.

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