Jesus Camp, documentaire sorti il y a quelques mois.
Encore une affiche à fond blanc, mais avec un tel pouvoir d'attraction que j'ai prié Gaultier de me le prêter.
Le camp de Jésus, une sorte de colonie ou des enfants de 10 ans passent leur temps a hurler leur amour pour Dieu et à pleurer leurs
péchés. Et un grand frisson d'effroi en voyant ce film dans lequel une gamine prie Dieu pour l'aider a lancer sa boule de bowling. Une autre veut devenir manucure pour évangéliser des
dames. Et des gosses sont entrainés a acclamer une silhouette de G.Bush en carton.
On apprend des tas de choses dans ce film, nottament qu'au sein d'une communauté d'extrême droite, tout existe en version Chrétienne, même le Heavy metal
chrétien.
On assiste aussi à une absurde Maccarena version Dieu : sur une musique Dance, une salle bondée chante en choeur "Lève la jambe pour Jésus Christ, Lève le bras
pour Jésus Christ, Jésus Christ is in the house !"
On suit d'abord un présentateur de radio chrétien mais défendant la séparation de l'Eglise et de l'Etat. On sent ses propos raisonnés, sains (et non pas
saints), sa foi sincère mais lucide.
Puis on suit une fondamentaliste qui anime le camp de Jésus. Elle, c'est le genre à blâmer les enfants qui lisent Harry Potter parce que, dit-elle, "dans l'Ancien Testament Harry Potter aurait été mis à mort". On suit cette dame préparant ses réunions et prier Dieu pour que
son diaporama Power Point fonctionne. "Non Satan, tu n'empêchera pas le vidéoprojecteur de fonctionner".
Et enfin, moment très réussi dans le film, la rencontre de ces deux personnes lorsque la dame intervient dans l'émission de radio en tant qu'auditrice. Le film
cherche alors à questionner ce fossé entre des chrétiens raisonnés et une communauté radicale, et les causes de cet écart.
Mais le sujet principal du film, c'est les enfants. Ces petits êtres sans défense qu'on voit soumis aux prières, pleurer sous le poids de la misère du monde, faire
des sermons anti-avortement, répandre la bonne parole dans la rue, toujours sous le regard exigeant de leurs parents. Et ça devient une course à celui qui priera le plus fort, qui versera le plus
de larmes, parce que les enfants veulent voir des aldultes satisfaits, et que les adultes veulent voir des enfants en transe pour Jésus Christ.
Bref, cette communauté effrayante ET influente, dont je ne soupçonnait même pas l'existence, est très bien résumée dans une belle métaphore finale que je vous
laisse le soin de découvrir. Parce que ce qui fait la grande force du film ce sont ses images qui parlent d'elles mêmes de cet "authentique génocide morale", une formule de Bijan
Anquetil qui donne un nouvel éclairage sur le titre du film.
Par williamlaboury
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Publié dans : Films
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